aeroplastics
contemporary
Philippe Meste
GASM*

PREVIEW
THURSDAY
21.11.2002
18.00–22.00
+ Performance SM2 activé

EXHIBITION
22.11.2002–11.01.2003
[22.12.2002–01.01.2003–CLOSED]
Wednesday–Saturday 2–7 p.m.
or by appointment



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please contact Jerome Jacobs

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Philippe Meste est un artiste de l’action. Son œuvre pousse la violence et le sexe dans les derniers retranchements de l’esthétisme.

Ses actions, que l’on perçoit à tort comme anti-militaristes, concrétisent, en décor naturel, nos fantasmes blasés d’insécurité et de violence. Il attaque le fleuron de la marine française avec un petit bateau armé de roquettes et active la réalité de la guerre au cœur de la Méditerranée paisible (« l’attaque du port de Toulon » en 1993). Il plante ses sacs de sable et ses Kalachnikovs au milieu des Puces de Marseille et le citoyen entre en guerilla (« Poste militaire » en 1994).

Le discours est celui de la révolte de l’impunité : Au nom de l’art les limites de l’admissible, du supportable sont repoussées sans état d’âme. La violence anachronique et inadéquate qui tente de nous sortir d’une léthargie consumériste et je-m’en-foutiste.

Avec ses armes (« Gunpowers »), il explore la violence imposée ou subie et relie ainsi la conscience sociale policée et l’inconscient rebelle et primaire. Se défendre et agresser. L’artiste n’est pourtant pas un guerillero ou un sniper, juste un explorateur de la morbidité humaine.

L’arme est pensée pour être artistique, elle est camouflée en sculpture. Mais une décision humaine lui rend sa fonction première, létale. La mise en danger de l’homme par l’œuvre d’art.

« Robogun » fait entrer Meste dans une démarche plus conceptuelle. Ce robot terrestre vidéo radio-guidé rend l’humain invisible. L’artiste n’est plus au centre de l’action, il la dirige depuis son écran de contrôle et la déshumanise. La conscience de la violence sans sa matérialité sale et embarrassante.

Meste est aussi un artiste de l’expulsion : Qu’il éjacule sur des beautés glacées pour en faire de dérangeantes « Aquarelles » ou qu’il projette des munitions hors de ses sculptures armées, il évacue avec violence de son organisme propre ou continué.

Son approche du sexe est provocatrice. De fait, elle se définirait aussi comme réflexive et réactive. La lubricité est dans l’œil du regardant, le plaisir dans celui de l’artiste.

Les « Aquarelles » de Meste sont la démonstration de son admiration pour la beauté et l’inaccessible. Des tâches de sperme aux formes esthétiques souillent (exaltent ?) des top models qui posent pour des marques de prestige.

Ses « Women in love » dévoilent un aspect du plaisir convoité mais reprouvé, celui des films pornos. Les hardeuses prennent la place des mannequins et le propos glisse vers le social : ces femmes partagent la vision stéréotypée que l’homme a d’elles.

Avec son « Sexe Moderne 2 », Meste introduit la soumission et la violence dans le sexe : le porno rejoint l’art. Cette sculpture, fabriquée pour être usuelle, est activée par le corps de la femme qui s’y introduit pour n’être plus que zones érogènes offertes sans retenue. L’excitation et la frustration de faire l’amour à un fantasme qui ne se languit pas de vous.

Tout dans l’œuvre de Meste est esthétique. Condition sine qua non d’une quelconque valeur artistique à ces actes et ces objets si violents, si malsains et, ô combien, humains.

Garlone Egels

Bruxelles, novembre 2002

*GUN*ACTION*SEX*MONEY